Yiadé est une artiste émergeante qui s’impose progressivement sur la scène musicale française avec des sets aussi imprévisibles qu’énergiques. Dans son univers, le rap côtoie le baile funk, l’afro, le jersey club, le shatta ou encore les sonorités électroniques les plus actuelles.
Lors de la première édition du festival CTRL+F, qui s’est tenue au Bikini de Toulouse du 29 au 30 mai 2026, nous avions proposé à cette artiste aux multiples talents de nous rencontrer autour d’une interview.
Média Selecta Bisso : “Salut Yiadé, merci de nous accorder de ton temps. Déjà, première question, Yiadé c’est un prénom ou un surnom ?”
Yiadé : “Alors l’histoire derrière Yiadé… En fait, mon père est d’origine allemande et quand avec ma mère il cherchait un prénom, il y a eu : Yiadé, et en français Yiadé veut dire Jade. Donc effectivement, aujourd’hui, je m’appelle Jade dans la vraie vie. Et je me suis dit, ok Yiadé, c’est un prénom qui ne m’a pas été donné, je trouvais ça trop dommage, donc j’ai décidé de lui donner vie directement sur scène.”
Média Selecta Bisso : “Depuis quand es-tu dans la musique ?”
Yiadé : “Moi, dans la musique, j’ai commencé professionnellement plutôt du côté de l’ombre, du côté de l’organisation, de la production, ça fait peut-être 7 ans que je fais ça. Puis, côté artiste, ça fait 1 an. Ça fait tout juste 1 an que j’ai décidé de me lancer.”
Média Selecta Bisso : “Comment es-tu tombée dans la musique ? que ce soit la production et que sur le devant de la scène ?”
Yiadé : “J’ai toujours aimé sortir quand j’étais jeune, aller en boîte tout ça. Ça a toujours été une chose qui me passionnait de danser. En fait, une fois, j’ai été invitée à un concert de PLK à l’Olympia, à l’époque, quand j’avais que 17 ans, c’était juste avant de me décider de ce que j’allais faire après le bac. Je me suis retrouvée en loge, avec tout le côté professionnel des concerts, toutes les relations presse, les journalistes, l’équipe technique et tout.
Et là, je me suis dit : ‘Ok, j’ai trop envie de comprendre ce que c’est tout ça’. En plus, j’aime beaucoup le rap, donc je voulais absolument comprendre comment on pouvait faire grossir cette musique là en France.”
Média Selecta Bisso : “Tu as commencé par quel domaine exactement ?”
Yiadé : “Bien, du coup, je me suis lancée dans une licence – c’est très niche – Médiation Culturelle à Paris. De ça, après, j’ai fait un Master en Management de la musique, où j’ai fait une alternance. J’étais en production de festivals, j’ai vu beaucoup de choses très très cool.”
Média Selecta Bisso : “Tu es aussi une manageuse d’artistes. C’est une voie que tu poursuis ou que tu laisses un peu en stand-by maintenant que tu es toi-même artiste ?”
Yiadé : “Non totalement ! Je continue en fait. C’est venu un peu par hasard dans ma vie, avec une artiste de Paris, et là je l’ai lancée à Toulouse, parce que je me suis récemment installée ici. Devenir artiste de mon côté, ça m’a permis de beaucoup comprendre les artistes que j’accompagnais depuis le début et donc j’arrive complètement à allier les deux.
Ben, ce soir, par exemple, il y a Princess O.G qui joue aussi, que je manage, et c’est juste trop cool de pouvoir se retrouver sur la même programmation qu’elle. On est toutes les deux ensemble et ça se passe trop bien quoi !”
Média Selecta Bisso : “Tu joues différents styles de musique : rap, baile funk, electro… Est-ce que simplement, tu joues ce que tu aimes, sans réfléchir ?”
Yiadé : “Ah oui ! Je me suis toujours écoutée dans ce que je mettais dans mes selectas. Après, il y a eu un moment où on tombe un peu dans le : ‘ok, mais il faut quand même que ça plaise’, on a envie de faire au public.
Mais là, je suis en train de comprendre que non, j’ai juste envie de mettre ce que je veux, même si ça n’a pas de sens, c’est pas grave ! Tout le monde trouvera son petit son qui lui fait plaisir.”
Média Selecta Bisso : “Tu participes aussi à des events engagés. C’est important pour toi que des artistes s’affirment sur des sujets qui leur tiennent à coeur ?”
Yiadé : “Oui, aujourd’hui, c’est important – si on est prêts – de s’engager et de soutenir des événements qui n’ont pas encore les moyens de développer leur projet. Juste permettre de passer de la musique, faire kiffer les gens, ça fait plaisir. Et c’est important, en plus de ça, de donner cette force.”
Média Selecta Bisso : “On revient sur ta musique : quelles sont tes influences et as-tu des artistes de référence ?”
Yiadé : “Oui, j’en ai beaucoup ! Concernant les artistes, ce qui m’a beaucoup marqué ces dernières années, c’est le développement de Theodora et Ino Casablanca.
Ce sont des artistes qui ont permis de mélanger tous les genres et de plaire autant à eux-même et à plein de monde. Moi, je me suis beaucoup retrouvée là-dedans, avec mes sets qui partent un peu dans tous les sens et qui restent assez cohérents.
Mais, c’est vrai que j’ai beaucoup grandi avec la culture mainstream, dans les clubs généralistes et tout, tout en grandissant à Paris, avec des choses beaucoup plus clubs, beaucoup plus sans paroles, moins généraliste et là, j’arrive à lier les deux et en faire mon univers, ça fait plaisir !”
Média Selecta Bisso : “Est-ce que tu aimerais faire des prods ? est-ce que tu en fais déjà ? Tu aimerais être derrière certains artistes : djette avec des artistes sur scène ?”
Yiadé : “Carrément ! Je ne fais pas encore de prods. J’ai fait un atelier pour apprendre mais c’est super dur ! Il y a tellement de choses à connaître et il faut avoir la fibre quand même, artistique. On ne parle pas assez des gens qui produisent des morceaux derrière les auteurs et c’est vrai que ça me plairait beaucoup. En plus, avec le management, je vois à quel point… en fait, ça donne envie d’aider les artistes à trouver des sonorités qui leur plaisent. Mais au délà de ça, j’ai fait une première date en tant que djette de scène avec un duo de rappeurs, c’était pour un tremplin à Toulouse. C’était ma première expérience et j’ai trop aimé ! C’est tout un autre stress, mais en même temps, tout un autre plaisir sur scène, ça fait trop du bien, c’est un autre challenge. Donc, oui, j’aimerais bien développer ça en tout cas.
Média Selecta Bisso : “Tu es vraiment une artiste polyvalente !”
Yiadé : “Ouais ! Et j’aime bien dire oui à tout !”
Média Selecta Bisso : “Tu joues ici aujourd’hui – au CTRL+F – as-tu d’autres dates ou d’autres actus ?”
Yiadé : “Oui, c’est assez frais ce qui arrive. Jusqu’au mois de septembre, j’ai un peu des dates qui arrivent comme ça, petit à petit. Déjà, j’ai la Pride samedi prochain, où je vais mixer sur un char pour l’association Dreams et d’autres associations qui sont partenaires. Rien que ça, c’est un peu un rêve que je pensais même pas réaliser, d’être sur le char d’une Pride. Après, j’ai des petites dates à Toulouse qui arrivent, et début juillet, je vais mixer à Main Square Festival au Nord de la France, à Arras, ça va être trop cool !”
Média Selecta Bisso : “Merci beaucoup, on te souhaite une belle continuation et on te suit de près !”
Yiadé : “Merci beaucoup ! à bientôt !”
En discutant avec Yiadé, une chose saute aux yeux : sa curiosité musicale est sans limite. Qu’il s’agisse de management, de DJing, de direction artistique ou, demain peut-être, de prod, elle refuse de s’enfermer dans un seul rôle. Une philosophie qu’elle résume avec simplicité : « J’aime bien dire oui à tout ! »
Une approche qui reflète parfaitement sa manière de construire ses sets : libre, instinctive et sans barrières. Une artiste à suivre de près, dont le parcours ne fait sans doute que commencer.
Merci à Yiadé pour sa disponibilité, sa gentillesse et son sourire tout à long de cette interview, laquelle, je crois, était la première en tant qu’artiste !
Questions : @vavacaz
Photos : @oceb.raw




