SASHIKO GALS RÉINVENTE L’AIR JORDAN 1 « COLETTE » À TRAVERS UN SPECTACULAIRE TRAVAIL DE SASHIKO

L’Air Jordan 1 créée autour des 20 ans de colette s’offre une transformation radicale entre denim, patchwork et broderies réalisées à la main. Signée Sashiko Gals, cette réinterprétation conserve l’identité bleue et blanche du mythique concept store parisien tout en faisant de la sneaker une véritable pièce textile.

Certaines sneakers semblent presque trop chargées d’histoire pour être modifiées. C’est précisément ce qui rend le travail présenté par Sashiko Gals particulièrement intéressant.

Le collectif s’est attaqué à une Air Jordan 1 High aux couleurs de colette, reconnaissable à son association de bleu et de blanc, à ses références « 1997 » et « 2017 » ainsi qu’au célèbre symbole à deux points du concept store parisien.

Plutôt que d’effacer cette identité, Sashiko Gals l’utilise comme fondation pour construire une chaussure entièrement différente.

UNE AIR JORDAN 1 QUI DEVIENT UNE PIÈCE TEXTILE

La transformation est immédiatement visible.

De larges portions de l’empeigne sont recouvertes de différents textiles dans des nuances de bleu, indigo, vert et écru. Les matières sont superposées, découpées et assemblées de manière volontairement irrégulière.

Des centaines de points de couture apparents parcourent ensuite la chaussure.

Blanc, bleu clair, bleu foncé ou rouge : les fils ne cherchent pas à disparaître dans la construction. Ils en deviennent au contraire l’un des principaux éléments graphiques.

L’ensemble évoque directement le sashiko, technique japonaise de couture et de renforcement textile caractérisée notamment par ses points visibles et répétitifs.

LE BLEU COLETTE COMME FIL CONDUCTEUR

Malgré l’importance du travail textile, l’identité de la paire d’origine reste immédiatement reconnaissable.

Le bleu caractéristique domine toujours la construction. Plusieurs parties en cuir sont conservées, tout comme les Swoosh latéraux, tandis que les différents morceaux de textile viennent progressivement prendre possession de l’empeigne.

Le contraste avec les éléments blancs permet également de conserver la lecture de la silhouette originale de l’Air Jordan 1.

Sur la cheville, le logo Air Jordan Wings reste visible en blanc sur son empiècement bleu.

ROUGE, BLANC ET BLEU POUR SOULIGNER LES COUTURES

Sashiko Gals ne se contente pas d’ajouter du tissu.

Le travail repose sur une multitude de coutures qui semblent parfois réparer, relier ou prolonger artificiellement les différents panneaux de la sneaker.

Certaines sont extrêmement régulières. D’autres forment des croix, des lignes, des motifs géométriques ou des accumulations volontairement plus libres.

Le rouge joue ici un rôle important.

Utilisé avec parcimonie face à la domination du bleu et du blanc, il attire immédiatement le regard sur certaines zones : autour de la cheville, sur les panneaux latéraux, le toe box ou encore autour des lacets.

DEUX LACETS, DEUX LECTURES

Les images montrent également une asymétrie assumée entre les deux chaussures.

L’une reçoit notamment des lacets bleus relativement classiques tandis que l’autre adopte une version bleue parcourue de nombreux points blancs rappelant directement le travail effectué sur l’empeigne.

Cette différence renforce l’impression d’une réalisation artisanale dans laquelle les deux pieds dialoguent sans nécessairement être parfaitement identiques.

La même logique apparaît sur les différentes pièces de textile utilisées : motifs, densité des coutures et positionnement des patchs varient d’une chaussure à l’autre.

« 1997 » ET « 2017 », VINGT ANNÉES DE COLETTE

Deux inscriptions permettent immédiatement de replacer la paire dans son contexte : 1997 et 2017.

Elles correspondent à l’ouverture puis à la fermeture de colette, le concept store parisien fondé par Colette Roussaux et sa fille Sarah Andelman.

Sur la création présentée ici, ces dates sont intégrées aux talons et aux panneaux latéraux, au milieu du patchwork et des broderies.

Le célèbre symbole de colette, composé de deux points blancs superposés, apparaît également au talon.

LE DESSOUS DE LA PAIRE RÉSERVE UNE AUTRE SURPRISE

Le travail ne s’arrête pas à l’empeigne.

Les semelles extérieures translucides laissent apparaître les inscriptions « Bonjour » et « Au Revoir », une expression répartie entre les deux chaussures.

Un détail qui renforce la dimension commémorative de la paire et son lien avec l’histoire de colette.

L’INTÉRIEUR CONSERVE ÉGALEMENT L’HÉRITAGE COLETTE

Les images détaillées permettent d’aller encore plus loin.

Sur la languette intérieure apparaît un label associant le Jumpman à la mention « colette TEAM ».

La semelle intérieure visible sur les photos porte également l’adresse 213 Rue Saint-Honoré, 75001 Paris France, l’adresse historique de colette, accompagnée de la mention « 1997 ».

Autant de détails que le travail de Sashiko Gals ne cherche pas à faire disparaître.

La transformation semble au contraire construite autour de ces éléments historiques.

SARAH ANDELMAN REMERCIÉE PAR SASHIKO GALS

La publication Instagram transmise avec les images apporte un élément supplémentaire.

Sashiko Gals y écrit directement :

« Thank you, Sarah. We couldn’t be more honored. This means so much to us. »

Le compte de Sarah Andelman ainsi que celui de colette sont identifiés dans la publication, aux côtés de Jumpman et Nike.

La publication comporte également les hashtags #colette, #colettejordan1 et #coletteforever.

Le message témoigne donc clairement de l’importance symbolique accordée par Sashiko Gals à cette réalisation.

UNE TRANSFORMATION QUI NE CHERCHE PAS À CACHER LE PASSÉ

C’est probablement là que cette Air Jordan 1 prend tout son sens.

Le patchwork ne remplace pas totalement la chaussure originale. Les morceaux de cuir bleu et blanc restent visibles sous les textiles, les logos historiques demeurent présents et certaines zones semblent volontairement laissées intactes.

Le passé et la transformation coexistent.

Même les fils qui dépassent et les bords volontairement effilochés participent à cette esthétique.

La paire ne donne donc pas l’impression d’avoir été simplement customisée. Elle semble plutôt avoir été réparée, reconstruite et augmentée couche après couche.

ENTRE SNEAKER, ARTISANAT ET MÉMOIRE

À travers cette Air Jordan 1, Sashiko Gals confronte plusieurs univers : la culture sneaker américaine, l’histoire de colette à Paris et un langage textile directement associé au savoir-faire japonais.

Le résultat conserve suffisamment de la paire originale pour que son identité reste lisible, tout en transformant profondément son apparence.

Une approche particulièrement pertinente pour une sneaker célébrant elle-même une histoire allant de 1997 à 2017.

Ici, les coutures ne servent plus simplement à assembler les matériaux.

Elles racontent l’histoire de la chaussure.

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