Jordan Brand dévoile les huit finalistes de son Jordan Design Studio, un programme international destiné à ouvrir les portes du design à une nouvelle génération de créatifs. De New York à Shanghai en passant par Chicago, Los Angeles, Tokyo, Pékin et Séoul, chacun a totalement réinterprété la Air Jordan 1 « Love Letter ». Le vainqueur sera désigné le 29 août 2026 lors de la finale mondiale à Shanghai.
Et si la prochaine grande idée de Jordan Brand venait d’un créatif extérieur à ses équipes habituelles ? C’est précisément l’un des enjeux du Jordan Design Studio, un programme développé autour d’une série d’ateliers organisés dans plusieurs grandes villes internationales.
L’initiative s’inscrit dans une démarche plus large de Nike, Inc. visant à rendre certains de ses outils, ressources et savoir-faire plus accessibles aux créateurs émergents. Nike avait notamment exploré cette approche avec son programme AirWorks et des projets de chaussures imprimées en 3D. Jordan Brand développe ici sa propre formule, centrée sur la transmission et l’expérimentation.
Des grands noms pour accompagner la nouvelle génération
Pour transformer leurs idées en prototypes, les participants ont bénéficié de l’accompagnement de personnalités ayant déjà collaboré avec Jordan Brand.
Nina Chanel Abney, Chris Gibbs, Angelo Baque et Hiroshi Fujiwara figurent parmi les noms mentionnés dans le programme. Leur rôle : aider les designers à faire évoluer une intention créative jusqu’à la réalisation concrète d’une chaussure.
Tous les projets finalistes partagent le même point de départ : la Air Jordan 1 « Love Letter ». Mais à partir de cette base commune, Jordan Brand semble avoir laissé une très grande liberté aux participants.
Le résultat ressemble moins à une collection de nouveaux coloris qu’à huit expériences de design radicalement différentes.
New York et Chicago déconstruisent la Jordan 1
À New York, Alaia Ryan imagine une Air Jordan 1 jaune, rouge et verte particulièrement chargée en détails. Plusieurs matières se rencontrent sur la silhouette, tandis que les Swoosh sont superposés. Un patch personnalisé « NAYR Air »complète la création.
À Chicago, Chelsea B transpose son savoir-faire autour du crochet sur la sneaker. Sa Jordan 1 adopte une construction proche du cut-and-sew, avec de nouveaux éléments textiles venant transformer les protections, le col et l’avant de la chaussure.
Deux propositions qui montrent déjà l’intention du programme : ne pas simplement décorer la Jordan 1, mais intervenir directement sur sa construction.
Cheikh Tall fait entrer son héritage ghanéen dans la sneaker
À Los Angeles, Cheikh Tall puise dans ses origines ghanéennes.
Le designer utilise comme référence les sacs de marché à carreaux et transforme cet élément en une enveloppe entourant la chaussure. Des poignées dépassent même de la partie supérieure, renforçant volontairement le rapprochement entre sneaker et objet du quotidien.
Carlos “Calo” Eduardo Lopez Velasco adopte de son côté une approche encore différente. Sa Air Jordan 1 se retrouve presque enfermée dans une nouvelle structure composée de multiples panneaux de cuir, toile et daim.
La silhouette originale reste identifiable, mais ses proportions et sa lecture sont profondément bouleversées.
Tokyo imagine une Jordan 1 presque formelle
Le programme s’étend également en Asie avec plusieurs propositions particulièrement expérimentales.
À Tokyo, Yuji Wada transforme la Jordan 1 en une chaussure à l’allure beaucoup plus formelle. Une palette entièrement noire rencontre des matières volontairement froissées, tandis que le traditionnel Swoosh disparaît au profit d’un contour composé de petits points.
À Pékin, Syn Zhuang travaille autour d’un suède souple et d’une construction évoquant certains codes de la chaussure féminine. Le modèle peut notamment changer d’apparence en rabattant sa nouvelle ouverture.
La transformation devient ainsi fonctionnelle et non plus seulement esthétique.
Séoul et Shanghai misent sur la modularité
À Séoul, Jisoon Kim pousse la Jordan 1 vers un registre beaucoup plus utilitaire. Le designer avait déjà travaillé sur des transformations de modèles Jordan, notamment autour de bottes Air Jordan 6 personnalisées pour Tyla.
Pour le Jordan Design Studio, il reprend cette logique en multipliant et en déplaçant certains éléments caractéristiques de la AJ1 sur une construction particulièrement haute.
Enfin, GG Wu, représentant Shanghai, imagine une sneaker où textures craquelées, effets usés et éléments modulairesse rencontrent.
Sa création peut surtout évoluer entre une configuration Mid et Low selon la manière dont son enveloppe extérieure est positionnée. La Jordan 1 devient alors un objet transformable.
Huit designers, une place pour la finale mondiale
Les huit finalistes se retrouveront à Shanghai le 29 août 2026 à l’occasion de The One Global Finals.
Un seul designer sera désigné vainqueur mondial du Jordan Design Studio.
L’enjeu pourrait surtout dépasser largement la récompense symbolique. Selon les informations communiquées par Jordan Brand dans le texte fourni, la chaussure du gagnant doit être produite et pourrait éventuellement faire l’objet d’une commercialisation auprès du public.
Le conditionnel reste important : une sortie retail n’est donc pas encore garantie.
Quand Jordan Brand ouvre ses archives aux nouvelles idées
Le Jordan Design Studio montre surtout une autre manière d’utiliser une silhouette historique.
Plutôt que de demander à huit créateurs de respecter scrupuleusement les codes établis depuis 1985, Jordan Brand leur permet de découper, envelopper, rallonger, transformer et parfois presque faire disparaître la Air Jordan 1 originale.
Crochet, héritage ghanéen, construction utilitaire, matériaux déconstruits ou modularité : chaque projet devient ainsi le reflet de l’identité de son designer.
Le 29 août à Shanghai, Jordan Brand ne choisira donc pas simplement sa Air Jordan 1 préférée. Le programme pourrait permettre à l’un de ces huit créatifs de franchir la frontière entre prototype expérimental et véritable produit Jordan.
Et c’est probablement là que le Jordan Design Studio prend tout son sens : ouvrir les portes de la marque pour voir ce qu’une nouvelle génération décidera d’en faire.



