Au Rio Loco, il y a les concerts, l’ambiance, les découvertes… et puis il y a aussi les belles rencontres. Cette année, nous avons eu la chance de passer quelques minutes avec Marcus Gad, artiste que nous suivons et apprécions depuis longtemps.
Avant son passage sur scène, le chanteur originaire de Nouvelle Calédonie a répondu à nos questions avec une grande gentillesse et beaucoup de simplicité. Son pays, la musique, ses engagements, ses influences, Naâman ou encore son nouvel album « For All » : nous avons abordé de nombreux sujets au cours de cet échange aussi intéressant qu’agréable.
On vous laisse découvrir l’interview ci-dessous.
Media Selecta Bisso : “Salut Marcus, merci de nous accorder de ton temps. Tu viens de Nouvelle Calédonie. C’est important pour toi d’être une voix entendue de ton pays ?”
Marcus Gad : “Ben ouais forcément. Quand on vient de là-bas, j’ai envie de dire : on est si peu représentés sur la scène internationale qu’on se sent obligé, en rayonnant, d’être une voix aussi et de mettre le pays en avant.”
Media Selecta Bisso : “Pour toi, la musique est un bon moyen de véhiculer des message, de dénoncer et défendre des idées ?”
Marcus Gad : “Ouais, je pense que c’est la raison principale qui m’a fait m’orienter vers le reggae. Cette volonté de passer des messages spirituels, des messages en lien à la terre, politiques.. ça se retrouve aujourd’hui dans ma musique je pense.”
Media Selecta Bisso : “Ton style est souvent défini comme spirituel. Donc tu es d’accord avec ça ?”
Marcus Gad : “Ouais complètement. Et comme je dis souvent : le reggae, et la musique en général, au début ça a vraiment été un moyen – un peu – transcendantal de communiquer avec les forces supérieures et puis d’exprimer ce lien et de le faire ressentir aux gens.”
Media Selecta Bisso : “Un petit retour en arrière : tu chantes et tu joues de la guitare depuis tes 15 ans, quelles sont tes influences et comment t’es venu cet amour pour la musique ?”
Marcus Gad : “Eh ben ça c’est pas évident de timer le truc, de savoir exactement à quel moment ça s’est passé, parce que depuis petit, j’ai toujours été très musique. Quand j’étais vraiment petit, c’était Michael Jackson. Après j’ai eu une période un peu Punk Rock, Hard Rock, Pink Floyd à fond et tout ça. Puis, je pense que le lien au reggae est venu vraiment quand j’ai commencé à moi-même devenir militant et puis plus engagé politiquement. Et puis, venant de Nouvelle Calédonie, qui est une île tropicale, on a un fort lien au reggae. Donc forcément, c’est le reggae qui s’est imposé à moi.”
Media Selecta Bisso : “Et tu as été bercé au reggae ou on écoutait autre chose à la maison ?”
Marcus Gad : “Mes parents n’écoutaient pas de reggae. J’ai écouté beaucoup de choses différentes, mais on va dire qu’en Nouvelle Calédonie, le reggae est vraiment la musique qui est très présente. Il y avait énormément de groupes au concert de Roots quand j’étais petit. Il y a Burning Spear qui avait fait venir plus de 10% de la population de la Nouvelle Calédonie à son concert. Donc, quand on grandit en Nouvelle Calédonie, forcément on entend du reggae.”
Media Selecta Bisso : “Par rapport à tes chansons, tu chantes majoritairement en anglais. Pourquoi ce choix ?”
Marcus Gad : “Je pense que ça, c’est venu du fait que moi j’étais bilingue et beaucoup de la musique que j’ai entendu et qui m’a bercé était en anglais. Et puis, il y avait aussi une volonté, venant d’une petite île dans le Pacifique, de communiquer au monde entier. Et ce qu’il faut savoir : la Nouvelle Calédonie, la Kanaky, elle est un peu isolée linguistiquement. C’est une île française au milieu de plusieurs centaines d’îles qui parlent toutes anglais. Donc, il y avait aussi cette volonté de pouvoir se relier à ce qui nous entoure à travers le langage.”
Media Selecta Bisso : “Ton titre ‘Pouvoir’, par contre, tu l’as fait en français, pourquoi ?”
Marcus Gad : “Ouais, parce que, comme je dis souvent, si je chante en français, c’est pour parler de chez moi. Parce que c’est vrai que chez moi, les gens parlent peu anglais et donc quand je m’exprime en français, c’est pour parler directement aux miens, là-bas en Mailanaisie.”
Media Selecta Bisso : “Dans ta belle discographie, tu as aussi quelques beaux feats. Tu aimes ça partager des sons, partager une vibe ?”
Marcus Gad : “Ouais carrément ! C’est des propres de la musique, c’est vraiment fait pour être partagé. Moi je dirais que j’ai pas fait tant de feats que ça mais ceux que j’ai fait, ils sont vraiment nés d’une vraie connexion humaine et de rencontres qui ont eu lieu dans la vie.”
Media Selecta Bisso : “Je pense forcément à Naâman, au regretté Naâman, et au morceau ‘Soul Plan’. Cette très belle chanson reste hyper actuelle, il y a toujours une aura qui s’en dégage”
Marcus Gad : “Ouais. Pour moi, ça restera un des grands moments de musique de ma vie, qui restera ancré jusqu’au bout. Et puis avec Naâman, avec Martin, on a vraiment vécu avant tout une rencontre humaine, une rencontre fraternelle, amicale. On a partagé beaucoup de choses sur un plan humain. Puis, forcément, au bout d’un moment, on s’est retrouvé à faire cette chanson ensemble”.
Media Selecta Bisso : “Dans quelques jours, tu sors ton nouvel album “For All”. Tu peux nous en parler ?
Marcus Gad : “Ouais, ‘For All’, comme son nom l’indique, c’est Pour Tous. C’est mon nouvel album sur lequel j’ai pas mal travaillé ces trois dernières années, avec mon ingé-son Tamal, avec mon band Tribe,et on va dire que c’est le fruit de tout un cheminement musical qu’on a super hâte de partager déjà.”
Media Selecta Bisso : “Cet album sort sous quels formats ?”
Marcus Gad : “Il sera en format CD et en format vinyle, que j’ai ici avec moi. Avec la pochette dont je suis très fier, parce que c’est moi qui ai fait la photo, même si c’est moi qui suis dessus !”
Media Selecta Bisso : “Actuellement, tu es en tournée, avec une Maroquinerie complète le 18 juin 2026, un Trianon prévu le 30 octobre 2026. Être sur scène, c’est vraiment un kif pour toi ?”
Marcus Gad : “Ouais ! Je pense que la musique vivante c’est le plus important. On fait des albums pour essayer de transcrire cette musique que nous on vit. Et le plus important pour moi, c’est vraiment de le partager avec le public, de voir la musique vivre à travers le public. Donc, tous les gens qui nous écoutent, je vous invite à venir nous voir en concert, on passe sans doute pas loin de chez vous. N’hésitez pas, c’est vraiment le meilleur moment, le meilleur endroit pour venir ressentir la musique, c’est en live & direct !”
Media Selecta Bisso : “Tu restes quand même connecté avec la Nouvelle Calédonie quand tu es en tournée comme ça ?”
Marcus Gad : “Ouais bien sûr ! De toute façon, le pays je le porte avec moi. Et puis, toute ma famille est là-bas donc il y a un lien forcément qui est indéfectible avec la Nouvelle Calédonie où qu’on soit sur la planète.”
Media Selecta Bisso : “Ce soir, tu joues au Rio Loco. Es-tu content d’être ici ?”
Marcus Gad : “Super content d’être ici ! Toulouse, ça a été l’un de mes premiers pied à terre en France. Le Rio Loco, c’est l’un des premiers festivals que j’ai vu en Europe, donc je suis super content de pouvoir chanter ici ce soir !”
Media Selecta Bisso : “La dernière question est toujours un peu hors-sujet. Si tu ne pouvais pas vivre de la musique, où est-ce que tu penses que tu serais aujourd’hui ?”
Marcus Gad : “Je serais dans un jardin avec les mains dans la terre et les dessous d’ongles sales !”
Media Selecta Bisso : “J’allais te dire : politicien ou agriculteur ? on a la réponse !”
Marcus Gad : “Ah politicien, jamais de la vie ! [rires]”
Media Selecta Bisso : “Un dernier mot, un message ?”
Marcus Gad : “Ben prenez soin de vous, prenez soin les uns les autres et puis comme on dit tous les jours, prenez soin de la terre, c’est maintenant !”
Cette rencontre avec Marcus Gad confirme tout le bien que nous pensions de l’artiste. Accessible, réfléchi et très attaché à ses racines, il continue de porter haut les couleurs de la Nouvelle-Calédonie tout en diffusant des messages d’unité et de conscience pour tous à travers sa musique.
Un grand merci à lui pour ce moment partagé dans les coulisses du Rio Loco. Nous lui souhaitons une belle route pour son nouvel album “For All” (disponible ICI) et pour les nombreux concerts à venir (dates et places via ce LIEN).
Special big up à Nolwenn et Erica.
Credit photos : @vavacaz



