Pour le Printemps/Été 2027, grounds et Mikio Sakabe repoussent une nouvelle fois les limites de la chaussure. Baptisée « An Invitation », la collection présentée à l’Église Américaine de Paris transforme les souliers en objets futuristes, sculpturaux et presque extraterrestres.
Et si une mystérieuse invitation nous conduisait vers un monde situé au-delà de notre perception ? C’est autour de cette question que Mikio Sakabe imagine la collection grounds SS27, intitulée « An Invitation ». Présentée à l’Église Américaine de Paris, la proposition confronte un quotidien saturé d’informations à un univers radicalement surréaliste.
Fidèle à son approche expérimentale, la marque japonaise transforme la chaussure en véritable objet de recherche. Entre références aux artefacts anciens, influences futuristes et formes inspirées de l’architecture extraterrestre, grounds imagine un vestiaire conçu pour explorer l’inconnu.
POTTER, un talon sculptural de 10 cm
L’une des grandes nouveautés de cette collection est POTTER, une silhouette qui réinterprète le talon haut traditionnel à travers une construction spectaculaire.
Son langage formel puise notamment dans l’esthétique des figurines japonaises dogū, avec un bout effilé associé à une semelle volontairement disproportionnée. Entièrement creuse, cette dernière enveloppe plusieurs cavités ouvertes à l’avant et à l’arrière, donnant à l’ensemble une apparence presque soufflée.
Avec une hauteur d’environ 10 centimètres, POTTER oscille entre élégance et déformation. La silhouette se décline en plusieurs versions, parmi lesquelles Little Star, All In One, Slash, Trotte et Rino. Brides, lacets, formes chaussettes ou lignes rappelant les escarpins permettent à chaque modèle d’interpréter différemment cette architecture commune.
LONPIE pousse l’extravagance encore plus loin
La collection SS27 franchit un nouveau seuil avec LONPIE, évolution spectaculaire de la structure LOOPIE introduite pour le Printemps/Été 2026.
Inspirée notamment des traditionnelles chaussures japonaises koppori, la silhouette combine une plateforme massive et un talon surdimensionné. Ses proportions atteignent environ 14 cm à l’avant et 20 cm à l’arrière.
Malgré ces dimensions impressionnantes, la semelle reste creuse. grounds joue ainsi sur un paradoxe visuel : ce qui semble lourd et massif est en réalité construit autour du vide.
Un univers de silhouettes surréalistes
Au-delà de POTTER et LONPIE, la collection élargit le vocabulaire de grounds avec plusieurs modèles emblématiques. MOOPIE, LOOPIE, SKYSCRAPER et BAT côtoient notamment les lignes JEWELRY, JOG VISION FLUX et MANUS.
La marque évite ainsi de réduire son esthétique à la seule obsession des plateformes XXL. Les semelles sculpturales se retrouvent aussi bien sur des Mary Janes et des sandales que sur des baskets techniques, des bottes ou des silhouettes hybrides.
Une palette entre douceur et science-fiction
La palette de la saison s’articule autour du rose nude, du jaune, du vert sapin, du blanc, du gris et du noir. Des semelles transparentes aux reflets rappelant les aurores boréales viennent compléter certaines silhouettes, tandis que les finitions métallisées et les surfaces brillantes renforcent leur dimension futuriste.
Les modèles POTTER rose poudré évoquent presque des objets en porcelaine, alors que les versions vert foncé et noires adoptent une apparence plus industrielle.
Avec « An Invitation », grounds transforme ainsi la chaussure en un objet situé entre accessoire de mode, sculpture et artefact futuriste. Une collection qui ne cherche pas à prédire ce qui se trouve de l’autre côté de l’invitation, mais plutôt à imaginer comment nous pourrions nous habiller pour y entrer.


