Pour le printemps 2027, Akris transforme la peinture en matière textile. Le directeur artistique Albert Kriemler s’est associé à l’artiste autrichienne Martha Jungwirth pour imaginer une collection graphique et colorée, où les coups de pinceau deviennent broderies, jacquards et détails en mouvement.
Albert Kriemler n’a jamais caché son intérêt pour l’art. Pour la collection Akris Spring 2027, cette passion devient le point de départ d’un dialogue créatif avec l’artiste autrichienne Martha Jungwirth, dont les peintures abstraites ont profondément marqué le créateur.
Kriemler avait découvert son travail quelques années auparavant dans une galerie parisienne. Les couleurs franches et parfois inattendues de Jungwirth — violets profonds, roses délavés, verts et jaunes — ont immédiatement retenu son attention. La gestuelle spontanée de l’artiste, faite de traces, de taches et de griffonnages, allait devenir le vocabulaire visuel de cette nouvelle collection Akris.
La collaboration a pris une dimension particulière lorsque Kriemler a rencontré Jungwirth dans son atelier à Vienne. Il a alors découvert que l’artiste avait elle-même étudié la mode au début de son parcours, avant de choisir définitivement la peinture.
Cette proximité entre dessin, textile et broderie est particulièrement visible dans les vêtements présentés à Paris. Kriemler s’est notamment intéressé à l’envers des jacquards, laissant apparaître les fils suspendus comme autant de coups de pinceau. Des rubans brodés en zigzag reproduisent également l’énergie graphique des œuvres de Jungwirth, tandis que de longues bandes de tissu semblent s’échapper de certaines silhouettes.
Le résultat est l’une des collections les plus colorées présentées par Akris ces dernières saisons. Pourtant, la maison conserve son goût pour les lignes nettes et les silhouettes précises. Costumes, pantalons et manteaux structurés servent ainsi de toile aux expérimentations chromatiques du créateur.
Les peintures de Jungwirth apparaissent avec une fidélité particulière sur plusieurs ensembles et manteaux beige, une teinte choisie en référence à la pratique de l’artiste, qui travaille rarement sur des toiles blanches.
La collection fait également revivre un savoir-faire historique de la maison. Certaines silhouettes intègrent une dentelle aux formes sinueuses, rappelant les gestes libres de la peinture de Jungwirth. Ces motifs font écho aux célèbres broderies de Saint-Gall et à un travail développé dans les années 1950 par Alice Kriemler, la grand-mère du créateur.
Avec cette collection Akris Spring 2027, Albert Kriemler démontre une nouvelle fois sa capacité à faire dialoguer art et mode sans sacrifier la sophistication. Ici, la peinture ne sert pas simplement d’inspiration : elle devient une véritable matière, transformée par le textile, la broderie et le mouvement du vêtement. Une rencontre élégante entre abstraction, artisanat et couleur, qui offre à Akris l’une de ses propositions les plus expressives de la Fashion Week de Paris.



