- Du 27 au 29 août 2026, le Rose Festival a investi le MEETT de Toulouse pour une cinquième édition particulièrement ambitieuse. Plus de 80 artistes, quatre scènes, une fête foraine, des dizaines de stands food & drinks, du merchandising exclusif, des rencontres et une programmation qui navigue entre rap, pop, électro et cultures urbaines : cette année encore, le festival imaginé par Bigflo & Oli avait largement dépassé le simple cadre du concert.
Nous étions sur place pendant ces trois jours et, au-delà des performances, c’est surtout l’ambiance et l’expérience globale qui nous ont marqué.
Parce qu’au Rose, on ne vient plus uniquement écouter de la musique. On vient aussi manger, chiller, rigoler, découvrir, se « sapper », faire la fête, rencontrer des artistes, des influenceurs et profiter d’un événement qui assume de plus en plus son identité streetculture au sens large.
Le Rose Festival fête ses cinq ans
Cinq ans déjà !
Depuis sa création en 2022 par Bigflo & Oli, le Rose Festival a progressivement trouvé sa place dans le calendrier des grands rendez-vous musicaux français. Pour cette édition anniversaire, le festival toulousain avait encore renforcé son dispositif avec une big programmation et plusieurs nouveautés.
Plus de 80 artistes se sont ainsi succédé pendant trois jours sur les différentes scènes, devant environ 120 000 festivaliers au total.
Macklemore, Aya Nakamura, DJ Snake, Josman, Zaho, Médine, Eva, Kungs, Iliona, Disiz, Triangle des Bermudes, Franglish, R2, El Grande Toto, Bekar, Danyl, Timar et de nombreux autres artistes composaient une affiche capable de parler à des publics très différents.
Le Rose ne donne pas l’impression d’être construit uniquement autour de ses têtes d’affiche. Une fois les portes franchies, on découvre un véritable terrain de jeu où les concerts ne représentent qu’une partie de l’expérience.
Une ambiance cool malgré la foule
Premier constat après trois jours sur place : il y avait du monde. Beaucoup de monde ! Et pourtant, l’impression générale reste celle d’une ambiance particulièrement conviviale.
On croise des groupes venus pour un artiste précis, d’autres qui déambulent entre les scènes, ceux qui profitent des espaces food, des stands d’animations ou des manèges et ceux qui semblent simplement venus passer la journée avec leurs amis.
C’est probablement l’une des forces du Rose : parvenir à créer une ambiance de grand festival tout en conservant quelque chose d’assez accessible et familial.
On peut assister à un gros concert de rap, aller manger, faire une attraction, passer au merch, écouter quelques morceaux d’un artiste qu’on ne connaissait pas puis repartir vers une autre scène.
Le festival devient alors une expérience à part entière.
Une programmation qui mélange les cultures
La programmation 2026 illustre parfaitement cette volonté d’ouverture.
Le rap et les cultures urbaines occupent une place importante, mais ils cohabitent avec la pop, l’électro et des artistes venus d’horizons très différents.
Cette diversité évite l’effet « festival mono-genre ».
On peut venir pour Josman et finalement découvrir Iliona. Venir pour Aya Nakamura et finir devant un DJ set. Suivre un artiste émergent avant de retrouver une énorme tête d’affiche. C’est ce brassage qui donne au Rose une partie de son identité.
La streetculture se retrouve aussi dans la mode, le graphisme, les créateurs, la musique électronique, le lifestyle et les nouvelles façons de consommer un événement culturel.
Matécito : une nouvelle scène pour élargir le terrain de jeu
Parmi les nouveautés de cette cinquième édition, la scène Matécito mérite une mention particulière.
Cette nouvelle proposition permettait d’explorer davantage les musiques électroniques et les univers liés à la création musicale.
On y retrouvait notamment la restitution des Loop Sessions, un rendez-vous autour du beatmaking et du partage entre producteurs. Les participants travaillaient autour de samples communs avant de présenter leurs créations au public.
Tous les soirs, de 23h à 1h, le fameux collectif Made On Block – imaginé par Superboumj – clôturait en beauté le festival avec des sons hyper puissants sélectionnés par le talenteux DJ Juice.
Ce genre d’initiative colle particulièrement bien à l’évolution du Rose. Le festival visait à mettre en lumière également les beatmakers, producteurs, artistes en devenir : tout un écosystème gravite désormais autour des scènes principales.
La fête foraine : le festival devient un véritable terrain de jeu
Autre nouveauté particulièrement visible en 2026 : la fête foraine.
Grande roue, auto-tamponneuses, chaises volantes, maison hantée, mur d’escalade et autres attractions étaient installés au cœur du site.
L’idée peut sembler surprenante pour un festival musical. En réalité, elle fonctionne très bien.
Après plusieurs heures passées devant les scènes, pouvoir changer complètement d’ambiance est appréciable. On quitte les concerts, on fait un tour dans les attractions, on prend quelque chose à manger et on retourne ensuite profiter de la programmation.
Le festival devient ainsi moins linéaire.
Et visuellement, entre les lumières, les couleurs et les installations, cette fête foraine participe pleinement à l’univers du Rose. Bonus encore présent cette année : le feu d’artifice tous les soirs aux alentours de minuit.
Food, drinks : le festival se vit aussi autour des stands
Impossible de passer trois jours sur place sans parler de la food.
Le Rose Festival proposait cette année une offre particulièrement large, avec 32 foodtrucks et de nombreux espaces où l’on pouvait se poser pour manger et boire. Et là encore, cela participe à l’expérience. On ne mange pas uniquement parce qu’on a faim entre deux concerts. Les stands font partie de la promenade, de la découverte et de la vie du festival.
On retrouve cette logique propre aux grands événements streetculture : la musique, l’amusement, la nourriture et le lifestyle se mélangent.
Le merch Rose Festival passe en mode collab
Le merch occupait lui aussi une place importante.
Pour cette édition anniversaire, le Rose proposait une collection dédiée au festival, mais surtout une collaboration qui a rapidement attiré les regards : Rose Festival x Hello Kitty.
T-shirts, baby tees, longsleeves et autres pièces reprenaient les codes du Rose associés à l’univers du personnage de Sanrio. Plusieurs références ont rapidement rencontré leur public et certaines étaient déjà en rupture pendant le festival.
Cette collaboration est intéressante parce qu’elle montre à quel point le merch de festival est devenu un objet culturel en lui-même.
Le public ne cherche plus seulement à acheter un souvenir. Il cherche une pièce qu’il pourra réellement porter. Et avec Hello Kitty, le Rose réussit à toucher directement la culture pop, le streetwear et l’univers du collectible.
À côté de la collab, les pièces classiques brandées Rose Festival étaient évidemment présentes : T-shirts, maillots, casquettes, tote bags et différentes pièces aux couleurs de l’édition 2026.
L’emblématique marque Lacoste était également partenaire du festival cette année, mais sans pièces disponibles pour le public au MEETT.
Le style fait aussi partie du spectacle
Et forcément, quand on parle de merch, on parle aussi de mode.
Comme dans de nombreux festivals actuels, le public du Rose participait lui-même à l’identité visuelle de l’événement. Sneakers, jerseys, casquettes, pièces oversize, looks inspirés des artistes, accessoires… et de couleur majoritairement : rose !
Le festival devient pendant trois jours un véritable espace d’expression vestimentaire.
C’est aussi ce qui rapproche de plus en plus les grands festivals musicaux de l’univers streetculture.
Les scènes ne sont plus les seuls endroits où se joue l’événement.
Les looks, les photos, les contenus sociaux et les pièces de merch deviennent eux aussi une partie de l’expérience.
Médine et Deen CK : voir les artistes autrement
Lors de cette édition 5ème anniversaire, nous avons pu réaliser les interviews de la légende Médine (ICI) et du trio toulousain Deen CK (ICI), deux moments qui permettent de découvrir les artistes sous un autre angle.
Parler de leur parcours, de leur musique, de leur rapport à la scène ou de leurs projets permet de sortir du format classique de la performance live.
Parce que derrière un morceau ou une performance, il y a toujours un parcours, des influences, des rencontres et une histoire à raconter. En ce sens, des talks d’artistes et d’intervenants dans la musique étaient également organisés lors des 3 jours de festival.
Bigflo & Oli : pas de concert cette année, mais toujours au centre du Rose
Pour la première fois depuis la création du festival, Bigflo & Oli n’ont pas donné leur propre concert.
Un choix qui aurait pu sembler étrange pour un événement portant leur signature. Mais il raconte en réalité quelque chose de plutôt positif. Le Rose a suffisamment grandi pour pouvoir exister sans que ses fondateurs aient besoin d’en être les principales têtes d’affiche.
Les deux frères restent évidemment omniprésents dans l’identité du festival, mais ils peuvent désormais laisser toute la place aux artistes qu’ils ont invités.
Ils n’ont toutefois pas complètement résisté à l’appel du micro.
Lors du closing du samedi soir, Bigflo & Oli ont assuré la fête et ont repris le micro devant le public.
Pas besoin d’un concert de deux heures. Quelques apparitions suffisent pour rappeler que derrière cette énorme machine, il y a toujours deux artistes toulousains qui ont voulu créer leur propre festival.
Quand les artistes remercient Bigflo & Oli
C’est également quelque chose que nous avons particulièrement remarqué pendant le week-end.
De nombreux artistes ont pris le temps de remercier Bigflo & Oli pour l’organisation du festival et pour leur invitation.
Au-delà des performances, on ressentait chez beaucoup d’entre eux une vraie joie d’être présents. Cette dimension humaine mérite d’être soulignée.
Organiser un festival de cette taille implique évidemment une énorme machine logistique, mais le Rose semble vouloir conserver une dimension de proximité avec les artistes. Et cette énergie se transmet au public.
Le Rose et l’émergence artistique
L’autre dimension importante du projet concerne les nouveaux talents.
Le Tremplin du Rose Festival, porté par l’Association Rose et Bigflo & Oli, accompagne notamment de jeunes artistes d’Occitanie. Le dispositif a déjà reçu plus de 1 000 candidatures au cours de ses trois premières éditions.
Cette volonté de mettre en avant l’émergence est essentielle. Parce qu’un festival qui grandit ne peut pas uniquement empiler les grandes têtes d’affiche. Il doit aussi permettre au public de découvrir les artistes de demain.
C’est là que le Rose rejoint pleinement la philosophie de la streetculture : faire émerger, transmettre et créer des passerelles.
Comme les années précédentes, la scène Visionnaire était dédié à ce style d’artistes, notamment avec le concept du très cool collectif Sphère : mettre des rappeurs et rappeuses autour d’une table ronde et balancer des textes. Parmi les artistes très attendus, on peut nommer, entre autres 2L et le très fort WarEnd.
Une expérience qui dépasse largement les concerts
Après trois jours au MEETT, une chose ressort particulièrement : Le Rose Festival 2026 ne peut pas vraiment être résumé par son line-up.
Oui, il y avait des artistes internationaux et des grosses productions. Mais il y avait aussi cette fête foraine, les stands de food, le merch, Hello Kitty, Matécito, les talks, les beatmakers, les artistes émergents et toutes ces petites choses qui font qu’un festival devient un lieu de vie.
C’est peut-être justement ce qui explique la sensation laissée par cette édition.
On n’avait pas simplement passé trois jours à regarder des concerts. On avait passé trois jours dans un univers.
Après cinq éditions, le Rose Festival semble avoir franchi un cap. Le projet imaginé par Bigflo & Oli n’est plus simplement « le festival de Bigflo & Oli ». Il possède désormais ses propres codes, son esthétique et son public.
Il peut accueillir du rap, de la pop et de l’électro sur ses scènes, proposer une fête foraine, vendre une collaboration Hello Kitty, organiser des sessions de beatmaking et faire intervenir des artistes pour parler de leur parcours.
Et c’est probablement cette capacité à mélanger les univers qui fait aujourd’hui sa force.
Le Rose Festival 2026 aura donc été une édition anniversaire réussie, mais surtout révélatrice de l’évolution du projet. La musique reste au centre, mais elle n’est plus seule. Autour d’elle se construisent progressivement tout un univers et une véritable identité. Et c’est finalement ce que l’on retiendra de ces trois jours.
Une ambiance cool, un public bien présent, des artistes heureux d’être là et cette impression permanente que quelque chose se passe autour des scènes. Pour ses cinq ans, le Rose Festival n’a peut-être pas simplement grandi. Il a commencé à devenir une culture à part entière.
Bravo à BigFlo et Oli, et tout le staff, pour la belle réussite de cette édition 5ème anniversaire du Rose !
Un merci particulier à Bleu Citron et la Team Suzette – Nina, Laura et Enora, pour la confiance.
Crédit photos : @titou_yutori



