Interview de Charly et Abdul, les organisateurs du Trophée Masters All Stars

Quelques jours avant l’un des événements hip-hop les plus attendus de Toulouse – le Trophée Masters All Stars – nous avons rencontré ses deux architectes. Charly, fondateur de la société de production d’événements Roc La Night, et Abdul, créateur de la compagnie Olympic Starz et du CACDU (Centre d’Art Chorégraphique en Danses Urbaines), nous ont rejoint au Social Hub pour un agréable moment d’échange.

Dans cette interview, ils reviennent sur leurs parcours, ouvrent les coulisses de l’événement, évoquent les défis de la danse urbaine à Toulouse et dévoilent la vision qu’ils portent pour unir culture, talent et communauté.

Média Selecta Bisso : “Salut Abdul, salut Charly, merci de nous accorder de votre temps. Quand il y a ce genre d’events, on connaît les artistes mais beaucoup moins les organisateurs. Alors, pouvez-vous vous présenter ?”

Charly : “Je me présente, je m’appelle Charly, je suis producteur d’évènement depuis 2026”.

Abdul : “Abdul Djouri, chorégraphe, danseur, et organisateur d’évènements depuis les années 1987.”

Média Selecta Bisso : “Donc depuis le début du Trophée Masters”

Abdul : “Tout à fait. Je suis à l’origine de ce projet”.

Média Selecta Bisso : “Depuis quand travaillez-vous ensemble tous les deux ?”

Charly : “Avant de travailler, on se connaît déjà, puisqu’on vient du même endroit. Il [Abdul] me connaît, moi et ma famille, depuis que je suis tout petit. Et on devait déjà travailler ensemble sur un projet juste avant le Covid.

Covid oblige, on a été obligé de décaler, décaler, puis on a fait nos évènements chacun de notre côté et là, on s’est retrouvé autour de ce projet.”

Média Selecta Bisso : “Votre rencontre remonte à l’enfance donc ?”

Charly : “On n’a pas le même âge. Lui, il connaît toute ma famille, moi je suis le dernier. Donc voilà, il est beaucoup plus âgé, Abdul c’est comme un grand frère. Du coup, il m’a connu en dernier, dernier, mais il connaît toute ma famille d’abord avant moi.”

Média Selecta Bisso : “Comment est née l’idée d’organiser le Trophée Masters ?”

Abdul : “Le Trophée Masters, c’est une histoire de passionnés dans les années 80. Il fallait faire des échanges en danse. Et donc, on avait décidé de monter ce qu’on appelait des “soirées” d’abord. Parce que, avant qu’il y ait le break et tout, les gens dans les quartiers, ils dansaient beaucoup le Funk. Il y avait des concours de Funk et tout ça.

Et donc, on a monté les “Trophées Zulu Funk”. Il y avait une heure, pendant la soirée, où on faisait des battles, enfin des défis de break. Il y avait des gens qui venaient de Clermont Ferrand, de Paris, d’Italie. Ils entendaient ces soirées et … d’ailleurs, les gars de I AM et tout, ils venaient là. C’est comme ça qu’est venue l’idée d’essayer de faire des évènements comme ça, pour nourrir la ville et essayer de pérenniser un public et de faire évoluer les disciplines de la culture hip hop.”

Média Selecta Bisso : “Quelle est l’origine du nom ‘Trophée Masters’ ?”

Abdul : “ça vient du Trophée Zulu Funk. Moi, j’étais dans un crew qui s’appelle ‘Olympic Starz’, et donc à un moment donné, il y a eu une cassure au niveau du hip hop en France, et nous, on était un peu les rescapés.

Donc, on avait décidé de sortir un peu cet évènement des quartiers, et essayer de le faire en centre ville.

J’ai commencé dans les années fin 90 à faire, autour aussi de la création chorégraphique, des évènements sous forme de battles. On a commencé à dire l’appellation ‘Battle’. D’ailleurs, on a beaucoup bataillé parce que les gens ne comprenaient pas l’appellation ‘Battle’. On leur disait : ‘Non, c’est pas des bagarres, c’est de la bataille’, pour essayer de donner une certaine définition plus correcte. Et, on nous a donné des théâtres, par exemple, on en a fait au théâtre des Mazades. Après, on a été à Odyssud, au TNT, Saint Pierre des Cuisines ect… Après on a commencé à monter : Zénith, la Halle aux Grains, on est revenu sur quelque chose de plus convivial on va dire. Et là, on s’est retrouvé avec Charly, Roc La Night. On a essayé d’allier la danse avec le rap.”

Média Selecta Bisso : “C’est pour ça qu’avant c’était le Trophée Masters et maintenant c’est le Trophée Masters All Stars, parce qu’il y a en plus de la danse, la musique, les showcase ?”

Charly : “C’est ça, exactement. C’est la première année pour Abdul et moi, c’est un désir de développement bien sûr.”

Média Selecta Bisso : “A quand remonte, pour chacun, votre 1er amour pour la culture hip hop, la street culture ?”

Abdul : “Moi, je suis rentré dans le hip hop en 1982.

J’y suis rentré avec mon grand frère qui smurfait et quelques fois, il emmenait des gars des quartiers nord, de Bagatelle, tout ça. Nous, on était à la Reynerie et on faisait des shows mais c’était passionnel, y’avait rien de … mais c’était sérieux.

Donc moi, j’ai 2 ans de moins que mon frère Ahmed, et lui il smurfait. Il est très volumineux mon frère Ahmed, et donc quand il smurfait, c’était impressionnant. Il me disait ‘Va chercher les gants’. On l’appelait ‘France Telecom’ parce qu’il parlait du jus. Il disait ‘je suis le jus, je suis électrique’, il impressionnait ! Nous, on était comme ça [mimiques de surprise] et les gens dans le quartier ils étaient là : ‘Ouais, ouais, ouais !’ Au départ, c’était une fois tous les 6 mois, après c’était toutes les semaines. Toutes les semaines, il nous emmenait quelqu’un d’un autre quartier, il se tapait des défis.

A un moment donné, il a dit ‘bon, moi j’arrête’, mais moi j’ai continué. Et c’est venu avec le Funk aussi. On allait dans des soirées Funk, moi j’étais gamin. Il y avait des soirées Funk au Tiffany’s, à l’Eden, c’est des anciennes discothèques qu’il y avait. C’est comme ça qu’est venue la passion de la danse en fait.”

Charly : “Pour moi, la musique, ben … Je suis issu d’une grande famille et mon grand grand frère était DJ en fait. Du coup, j’ai toujours bercé dans la musique, les clips à la télé à l’époque de MTV etcetera et maintenant, je suis là !”

Média Selecta Bisso : “Vous prévoyez le showcase de Gradur et  Kokos de  Triangle des Bermudes. Vous voulez tout éteindre en fait c’est ça ?”

Charly : “On va essayer ! (rires) Non, en fait je trouvais que ramener les deux en même temps ça créait une attente autour de l’évènement, et Gradur, lui aussi, aller vraiment assurer le show et donner une grosse performance. Voilà pourquoi les deux.”

Média Selecta Bisso : “Une question un peu plus technique : Combien de temps ça vous prend pour organiser cet événement ?”

Charly : “On est toujours en retard pour organiser des évènements, on est toujours en retard ! On est jamais à l’heure, on n’est jamais prêts ! Mais en tous cas, on va donner le meilleur de nous même pour faire en sorte de donner le meilleur au public.”

Média Selecta Bisso : “Vous faites venir des artistes internationaux, les meilleurs de leur discipline, en ce qui concerne la danse. Le but c’est de placer Toulouse sur la carte de la street culture ?”

Abdul : “Oui ! à l’échelle internationale, si on peut. C’est aussi donner une empreinte, quelque chose qui permet de faire rayonner la ville en matière de culture urbaine. Après, je trouve aussi que Charly est assez modeste, parce que c’est un grand monsieur. C’est quelqu’un qui a poussé des valeurs, des gens aujourd’hui qui sont des grands noms de la scène nationale, voire internationale, de la musique et du rap. Donc, c’est important de le dire. Il le dit pas, donc je le dis à sa place !”

Média Selecta Bisso : “D’ailleurs Charly, j’ai une petite question : Toi, tu as fondé Roc la Night, est-ce que le ‘Roc’ est un petit clin d’oeil à Jay-Z ?”

Charly : “A fond ! A fond ! Jay-Z, c’est un business model à lui tout seul. Donc, du coup, c’est pour ça le nom Roc La Night.”

Média Selecta Bisso : “Quelles sont vos influences ? par rapport à la musique pour toi Charly et à la danse Abdul, même si tu viens de nous parler en premier de ton grand frère” 

Charly : “Moi, au niveau musical, au niveau des artistes, Booba, 50 cent, toute cette génération là, avec les générations qui sont un peu en bas. Là, en ce moment : surtout, surtout Future, et beaucoup Lil Baby.”

Abdul : “Moi, c’est plutôt l’ancien rap. C’est des Kurtis Blow, des Rakim. Nous, on cherchait en fait la rythmique, et le rythme ‘James’, James Brown. C’est ça qui nous permettait d’avoir des pulsions, et trouver des sensations sur des techniques et tout ça. Parce que dans le rythme hip hop, il y a des rythmes de joie, des rythmes de guerre. C’est important. Il y a la danse ‘combat’. C’est pour ça qu’on cherchait cette envie de rentrer dans la musicalité. La musique, elle nous apporte quelque chose et ça nous pousse à faire des choses.”

Média Selecta Bisso : “Pour le kiff, une petite question : Est-ce que vous avez 1 rappeur et 1 danseur de ‘rêve’ que vous aimeriez faire venir à une prochaine édition du Trophée Masters All Stars ?”

Charly : “Allez soyons fous, moi je dis Future !”

Abdul : “Moi, c’est plus compliqué, je vois pas trop là mais .. un chanteur que j’aurais voulu moi, c’était James Brown, mais il n’est plus là. Même j’avais des coups de cœur pour des musiciens, des chanteurs comme Prince, mais bon. Après moi, je suis d’une autre génération, donc j’écoute encore un peu de rap mais c’est vraiment… je suis resté à l’ancienne quoi, le côté funky, c’est un truc qui m’a embarqué. J’ai du mal à rentrer dans du rap actuel.”

Charly : “Tu t’y retrouves plus quoi.”

Abdul : “Ouais, je m’y retrouve plus, mais je veux dire… Quelques fois, j’entends des choses qui me parle.”

Charly : “Et au niveau des danseurs, on va dire, pour moi, les meilleurs danseurs du monde, c’est les Twins, je vois pas mieux. Et toi ?”

Abdul : “Ouais, c’est pareil.”

Média Selecta Bisso : “Les Twins, qui sont aussi français d’ailleurs ”

Charly : “ Ouais, ils sont français, donc franchement, respect à eux.”

Média Selecta Bisso : “Pour finir, est-ce que vous avez un petit message, un dernier mot ?”

Abdul : “Venez nombreux ! venez vous enrichir, venez vous éclater, vous amuser. Venez en famille, faire profiter vos enfants, vos amis. Venez nombreux, venez ressentir la virtuosité, le talent des danseurs, des chanteurs qui vont venir, avec l’acclamation du public. Venez participer !”

Charly : “Il a tout dit !”

Un grand merci à Abdul et Charly pour leur accueil, leur proximité et leur gentillesse. Nous avons passé un super moment en leur compagnie, à se remémorer des souvenirs ‘de l’époque’, à en apprendre plus sur ces ‘hommes de l’ombre’ et à découvrir le tout nouveau concept du Trophée Masters All Stars .

Le rendez-vous est pris pour le dimanche 26 octobre 2025 au Grand Palais des Sports de Toulouse à partir de 17h. Si vous n’avez pas encore vos entrées, quelques places sont encore disponibles via la billetterie (accessible ICI). Le prix est fixé à 25€, et l’achat peut se faire avec le Pass Culture. Let’s go & enjoy ! 

Crédit photos (sauf celle de couverture) : @iammedysmati. Merci pour le partage !

 

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