« Chimen Chyen » : un récit guadeloupéen sur l’identité, le rejet et la quête d’acceptation

Avec Chimen Chyen, la réalisatrice Carole Desfassiaux met en scène le parcours de Ludovic, un adolescent de 17 ans brutalement rejeté par sa famille après que sa mère découvre son homosexualité. Produit par SkyProd SARL et tourné en Guadeloupe, ce court-métrage de 43 minutes aborde la quête d’identité, l’exclusion et la solidarité face à la marginalisation.

L’histoire débute lorsque Maryse surprend son fils Ludovic enlacé avec son camarade Tom. Elle décide alors de le chasser du domicile familial. À seulement 17 ans, le jeune homme se retrouve confronté à l’errance et à la peur, avec l’espoir de parvenir un jour à être accepté par ses parents tel qu’il est.

Une rencontre au cœur de l’histoire

Dans cette période de rupture, Ludovic rencontre Ambre, une prostituée qui décide de le prendre sous son aile. Deux trajectoires différentes se croisent alors autour d’un même besoin : survivre. Tandis que Ludovic tente de comprendre qui il est et rêve de retrouver sa famille, Ambre apparaît comme une femme confrontée à un destin qui semble avoir été écrit pour elle depuis sa naissance.

Le film s’intéresse ainsi à des personnages placés en marge et à la manière dont une forme de solidarité peut émerger entre eux. Au centre du récit se trouve notamment le terme créole « makoumé », employé dans le dossier de presse pour désigner l’homosexuel dans le contexte raconté par Ludovic. Le personnage évoque lui-même le rejet de sa mère et le passage d’une vie à une logique de « survie ».

Carole Desfassiaux derrière la caméra

Chimen Chyen est écrit et réalisé par Carole Desfassiaux, réalisatrice, scénariste, technicienne et comédienne installée en Guadeloupe. Son parcours l’a amenée à travailler aussi bien devant que derrière la caméra. Elle a notamment écrit et réalisé Trompe la mort, sélectionné au Prix de Court Antilles-Guyane en 2018 puis diffusé sur France Ô, ainsi que On Bèl Kontè en 2021.

À travers ce nouveau projet, la réalisatrice revendique la volonté d’utiliser le cinéma pour exposer des réalités parfois difficiles à regarder. Elle résume sa démarche par la conviction que « le cinéma sert aussi à refléter toutes nos vérités », y compris les plus inconfortables, et souhaite donner une visibilité à une humanité parfois condamnée au silence.

Sekhou Drame dans le rôle de Ludovic

Pour incarner son personnage principal, la production a choisi Sekhou Drame. Originaire du Sénégal et de Sierra Leone, le comédien s’est notamment formé pendant quatre ans à la Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique. Son parcours l’a amené à jouer dans des productions telles que Annie, Sister Act, Alice au pays des merveilles ou encore Les Misérables.

Après ses débuts au cinéma en 2024 dans Journal des Dévastés d’Émilie Lamoine, il interprète Ludovic dans Chimen Chyen. Le casting comprend également Mayrénis Rosario dans le rôle d’Ambre et Peggy William dans celui de Maryse, aux côtés notamment de Didier Rechal, Dimitry Zandronys et Karen Geoffroy.

Une production ancrée en Guadeloupe

Produit par SkyProd SARL, Chimen Chyen a été tourné du 1er au 5 décembre 2025, notamment à Petit-Bourg et Lamentin, en Guadeloupe. Le dossier de presse annonce une durée totale de 43 minutes et 14 secondes, un format d’image 2.35:1 et une projection numérique DCP. Le français, le créole guadeloupéen et l’espagnol composent les langues originales du film, avec des sous-titres français et anglais.

La production est portée par Gnama Baddy Dega, fondateur de SkyProd Productions en 2006 et ancien producteur exécutif de la série Death in Paradise entre 2012 et 2022. La direction de la photographie est assurée par Abdul Aziz Diallo, dont le parcours comprend notamment des collaborations avec Abderrahmane Sissako, Jean-Pascal Zadi, Boubakar Diallo et Alex Ogou.

Avec Chimen Chyen, Carole Desfassiaux choisit ainsi de raconter une histoire profondément liée à la quête d’identité et à l’exclusion, tout en plaçant au premier plan des personnages confrontés au rejet et à la nécessité de trouver leur propre chemin. Un récit qui entend utiliser le cinéma comme espace de représentation, mais aussi comme moyen de questionner le regard porté sur celles et ceux que la société laisse trop souvent à sa marge.

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