All Day In 2026 : pour ses 10 ans, la Guadeloupe a vibré pendant deux jours

Les 18 et 19 juillet 2026, le All Day In Music Festival célébrait sa dixième édition sur la plage des Alizés, au Moule. Deux journées placées sous le signe des musiques urbaines et caribéennes, avec une programmation particulièrement dense et deux têtes d’affiche très attendues : La Mano 1.9 le samedi et Vybz Kartel le dimanche. Une édition anniversaire qui voulait voir grand.

Dix ans, ça se fête. Pour cette édition 2026, le All Day In Music Festival avait donné rendez-vous au public les samedi 18 et dimanche 19 juillet sur la plage des Alizés, au Moule. Pendant deux jours, des milliers de festivaliers se sont retrouvés autour d’une programmation faisant la part belle aux artistes antillais, mais également aux scènes urbaines et caribéennes dans toute leur diversité.

Rap, dancehall, bouyon, shatta, afro, reggae, zouk… L’ADI a une nouvelle fois misé sur le mélange des univers, avec une affiche particulièrement fournie pour célébrer une décennie d’existence. Mais au-delà des noms alignés sur le programme, cette dixième édition devait surtout réussir un exercice délicat : réunir artistes locaux, caribéens et internationaux sans perdre l’identité construite par le festival au fil des années.

Et pendant deux jours, la scène du Moule a répondu présente.

Samedi : La Mano 1.9 prend la Guadeloupe

Le samedi 18 juillet, la première journée donne rapidement le ton.

Les artistes et DJ se succèdent, faisant naviguer le public entre les différentes facettes de la scène urbaine et caribéenne actuelle. Creeks MX, Enzo, Laptop, Don Snoop, Natoxie, 1T1 & Theomaa, Ridge and Friends… l’ADI joue à fond la carte de la diversité. Du rap au bouyon, du shatta aux sonorités dancehall, les styles s’enchaînent avec un même objectif : faire monter progressivement la température.

Et au sommet de cette première journée, un nom était particulièrement attendu : La Mano 1.9.

Le rappeur français arrivait en Guadeloupe avec le statut de tête d’affiche du samedi. Un statut qu’il fallait assumer devant un public nombreux et dans un festival où les spectateurs ne viennent pas seulement écouter des morceaux : ils attendent un véritable show.

La Mano 1.9 a répondu présent.

L’artiste propose une prestation sérieuse, construite et millimétrée. Loin d’une simple succession de titres, son passage est pensé comme un véritable spectacle. L’énergie est là, la présence scénique également, et le rappeur montre qu’il n’est pas venu en Guadeloupe pour assurer le minimum. Il assume pleinement son rôle de headliner et offre au public le gros temps fort attendu de cette première journée.

Mais le samedi ne se résume évidemment pas à sa tête d’affiche. Tout au long de la journée, les différents artistes programmés participent à installer cette atmosphère propre à l’ADI : celle d’un festival où plusieurs générations et plusieurs cultures musicales peuvent se croiser sur une même scène.

Dimanche : le World Boss débarque au Moule

Le dimanche 19 juillet, changement de casting mais certainement pas d’intensité. Miimii, Lucky, Meryl, Keros-N, Puffy, Rachelle Allison …et de nombreux DJ prennent notamment le relais.

Là encore, le festival multiplie les ambiances.

Les artistes antillais occupent une place importante dans cette deuxième journée et rappellent toute la richesse d’une scène locale et caribéenne capable aujourd’hui de passer du bouyon au shatta, du rap au dancehall, sans avoir besoin de choisir un seul territoire musical. Les performances s’enchaînent et le public répond présent. Mais ce dimanche possède forcément une saveur particulière. Car au-dessus de cette programmation plane un nom : Vybz Kartel.

La présence du Jamaïcain constituait à elle seule l’un des événements de cette dixième édition. Véritable figure du dancehall, le « World Boss » était l’une des attractions majeures du week-end et son passage en Guadeloupe était forcément attendu. Et lorsque vient son tour de monter sur scène, Vybz Kartel ne déçoit pas.

L’artiste assume son statut avec un show travaillé et maîtrisé. Présence scénique, morceaux attendus, interaction avec le public : sa prestation est à la hauteur de l’événement et vient donner une dimension supplémentaire à cette soirée du dimanche.

Pour les dix ans du festival, accueillir une figure de cette importance avait également quelque chose de symbolique. La Guadeloupe se retrouve, le temps d’une soirée, directement connectée à l’une des grandes figures de la culture dancehall jamaïcaine. Et le public le lui rend bien.

La Mano et Vybz Kartel : deux headliners au rendez-vous

La Mano 1.9 le samedi. Vybz Kartel le dimanche.

D’un côté, une figure montante du rap français. De l’autre, une icône du dancehall jamaïcain. Deux artistes, deux générations et deux univers très différents, mais une même responsabilité : porter chacune des deux journées de cette édition anniversaire. Et tous les deux ont respecté le rendez-vous. Pas de prestation expédiée ni de simple apparition destinée à remplir une case sur une affiche. Les deux têtes d’affiche ont proposé de véritables shows, sérieux et travaillés, à la hauteur du public venu nombreux au Moule. Mais réduire cette édition à ces deux artistes serait injuste.

Une scène antillaise qui n’a rien laissé aux headliners

Car derrière les deux locomotives de l’affiche, les autres artistes ont eux aussi livré des prestations de haut niveau. C’est même l’un des enseignements de ce week-end. Qu’il s’agisse de trap, de dancehall, de bouyon, de shatta ou d’autres courants qui traversent aujourd’hui les musiques urbaines caribéennes, les artistes programmés n’ont pas traité leur passage comme une simple première partie avant les grosses têtes d’affiche. Chacun est venu défendre son univers.

Et c’est précisément ce qui donne tout son intérêt à un événement comme l’ADI : permettre de voir sur une même scène des artistes aux trajectoires et aux publics parfois très différents.

Meryl, Keros-N, 1T1 & Theomaa, Miimii, Lucky, Rachelle Allison, Ridge and Friends, Puffy et tous ceux qui ont participé à ces deux journées ont contribué à construire le spectacle autant que les deux headliners. Le public est passé d’un univers à l’autre, parfois en quelques minutes. Le bouyon répond au rap. Le shatta rencontre le dancehall. Les DJ font le lien entre les performances live et maintiennent l’énergie. Une diversité qui n’empêche jamais de retrouver un fil conducteur : la Caraïbe et ses musiques dans toute leur effervescence actuelle.

Une Guadeloupe au carrefour des scènes urbaines et caribéennes

C’est peut-être là que cette dixième édition prend tout son sens. Le All Day In montre à quel point les frontières musicales sont devenues poreuses. Le public peut chanter sur du rap français, basculer quelques minutes plus tard sur du bouyon, retrouver des artistes antillais puis accueillir une figure majeure du dancehall jamaïcain. Et tout cela au même endroit.

La Guadeloupe possède sa propre scène, ses artistes, ses DJ et ses codes. Mais elle appartient également à un espace musical caribéen beaucoup plus vaste, lui-même connecté aux scènes françaises et internationales. Pendant ces deux jours, cette réalité s’est retrouvée concentrée sur la plage des Alizés.

Dix ans plus tard, l’ADI confirme son changement de dimension

Dix éditions. Forcément, le chiffre avait une importance particulière. Un festival qui atteint sa dixième édition n’est plus vraiment un nouveau venu. Il possède une histoire, un public et surtout une attente qui grandit année après année.

Pour célébrer cet anniversaire, l’organisation avait donc choisi de frapper fort avec une programmation dense et deux têtes d’affiche capables d’attirer des publics très différents. Le pari était ambitieux.

La Mano 1.9 et Vybz Kartel sur le même week-end, entourés d’une importante représentation de la scène antillaise et caribéenne : sur le papier, l’affiche avait déjà de quoi faire parler. Sur scène, il fallait désormais transformer cette promesse en spectacle. Et c’est ce qu’a offert le week-end.

Une décennie célébrée en grand

Au terme des deux jours, cette dixième édition restera comme celle d’un festival qui a voulu célébrer son histoire tout en regardant vers la suite.

Deux jours, deux grosses têtes d’affiche, des dizaines d’artistes et de DJ, plusieurs générations et une multitude de cultures musicales réunies au même endroit.

La Mano 1.9 aura marqué le samedi avec une prestation maîtrisée et généreuse. Vybz Kartel aura donné au dimanche cette dimension particulière que seule la présence d’une figure majeure du dancehall pouvait apporter. Et autour d’eux, les artistes antillais, caribéens et les DJ auront largement fait leur part du travail, transformant une programmation impressionnante sur le papier en deux journées de musique et de fête.

Pendant un week-end, Le Moule est devenu l’un des points de rencontre des scènes urbaines et caribéennes. Pour ses dix ans, le All Day In avait décidé de voir grand. La Mano le samedi, Vybz Kartel le dimanche, et toute une scène caribéenne entre les deux : l’ADI 2026 a célébré sa première décennie avec le volume au maximum.

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