Pour son défilé Printemps-Été 2027 présenté à la Paris Fashion Week, Maison Margiela transforme l’univers domestique en terrain d’expérimentation. Sous la direction de Glenn Martens, la maison parisienne revisite la garden-party à travers l’argenterie écrasée, les imprimés floraux rétro et une nouvelle interprétation de la déconstruction.
Le 29 septembre 2026, Maison Margiela a présenté sa collection Printemps-Été 2027 à Paris, quelques jours seulement après le dernier défilé de Glenn Martens pour Diesel à Milan. Le créateur belge poursuit désormais son travail au sein de la maison fondée par Martin Margiela, en s’appuyant sur l’un de ses principes historiques : transformer le quotidien pour révéler une autre manière de regarder le vêtement.
Pour cette nouvelle collection, Glenn Martens s’intéresse à un univers en apparence banal : celui de la vie domestique, des repas en famille et des garden-parties. Quelques jours avant le défilé, une vidéo montrant une théière en argent en train d’être écrasée annonçait déjà l’une des directions majeures de la collection. Sur le podium, cette idée devient une robe blanche immaculée ornée d’éléments d’argenterie aplatis et volontairement déformés.
Une garden-party passée au filtre Margiela
Les références à l’intérieur domestique sont omniprésentes. Des tissus floraux plastifiés, rappelant les nappes et revêtements des années 1960 et 1970, habillent plusieurs silhouettes. Les motifs vintage, souvent très colorés, contrastent avec des coupes irrégulières, des volumes déconstruits et des finitions volontairement imparfaites.
Le vestiaire féminin concentre certaines des propositions les plus spectaculaires. Robes longues drapées, jupes fleuries et tops ouverts composent une garde-robe qui semble constamment en mouvement. Plusieurs vêtements s’ouvrent au niveau de la poitrine pour révéler des couches inférieures, comme si la construction même du vêtement était volontairement exposée.
Une silhouette particulièrement remarquable associe un chemisier rose à une jupe pêche dont le repassage volontairement approximatif transforme un détail banal en véritable élément esthétique. Plus loin, certaines robes dévoilent des ornements floraux argentés là où l’on attendrait habituellement un simple sous-vêtement.
La sobriété masculine face à l’exubérance féminine
Le vestiaire masculin adopte une approche nettement plus classique. Costumes gris, jeans bleus, gilets kaki et manteaux en cuir anthracite composent des silhouettes proches du quotidien.
Quelques interventions viennent néanmoins perturber cette sobriété. Un T-shirt orné d’un hibou à l’aérographe se démarque notamment, avant que le motif ne soit repris sur des robes T-shirt blanches oversize pour femme. Des chemises fleuries et des pantalons en satin introduisent ensuite davantage de couleurs et de textures.
Avec cette collection Maison Margiela Printemps-Été 2027, Glenn Martens installe ainsi une vision où le banal devient matière à création. Nappes, argenterie, vêtements ordinaires et souvenirs d’intérieurs rétro sont déconstruits puis réassemblés pour composer une nouvelle lecture de l’élégance Margiela.



