En marge du Festival de Toulouse, le trompettiste daoud s’est produit sur la place Saint-Pierre le 25 juin 2026 dans le cadre des Toulouse Live Sessions, une série de performances filmées portée par Toulouse Créative, l’initiative de la Ville de Toulouse qui valorise les artistes du territoire depuis son entrée dans le réseau des Villes créatives de l’UNESCO. Pendant une vingtaine de minutes, l’artiste franco-marocain et ses trois musiciens ont transformé les abords du pont Saint-Pierre en une scène à ciel ouvert, offrant aux passants un véritable moment suspendu au cœur de la Ville rose.
Déjà salué pour ses albums « Good Boy » puis « ok », daoud s’impose aujourd’hui comme l’une des figures les plus singulières de la nouvelle scène jazz française. Formé au Conservatoire d’Amsterdam, le musicien brouille les frontières entre jazz contemporain, hip-hop, musiques électroniques, R&B et influences afro, développant un univers aussi libre qu’inclassable. Depuis deux ans, il enchaîne les festivals et les scènes prestigieuses, de Montreux Jazz Festival à Jazz in Marciac, tout en poursuivant son travail de compositeur et de producteur.
À Toulouse, le décor participait pleinement à l’expérience. Face à la Garonne, avec le dôme de l’hôpital de La Grave en toile de fond et la chaleur d’une fin de journée estivale, les premières notes de trompette ont rapidement capté l’attention des promeneurs. Beaucoup se sont arrêtés, parfois quelques minutes, parfois jusqu’à la fin du concert, comme happés par cette parenthèse musicale inattendue.
Entouré de ses musiciens – clavier, contre-basse et batterie – daoud a déroulé un set tout en nuances, alternant envolées instrumentales, rythmiques hypnotiques et passages plus contemplatifs. Une musique qui ne cherche jamais la démonstration technique, mais plutôt l’émotion et le dialogue avec le public.
Entre deux morceaux, l’artiste a également pris la parole. Fidèle à sa personnalité, il a ponctué le concert de plusieurs interludes à l’humour grinçant, mêlant sarcasme, autodérision et réflexions plus revendicatrices sur notre époque. Un ton léger mais jamais anodin, qui a déclenché de nombreux sourires tout en invitant le public à regarder le monde avec un peu plus de recul.
Cette proximité fait partie intégrante de la démarche de daoud, qui revendique un jazz accessible, débarrassé des codes parfois intimidants du genre. Cette performance s’apparentait à une rencontre, où la musique devenait un langage commun entre les artistes et les spectateurs.
Avec cette programmation hors les murs, Toulouse Créative confirme sa volonté de faire sortir la culture des salles de spectacle pour aller à la rencontre des habitants. Une initiative qui prend tout son sens lorsqu’elle donne naissance à des instants comme celui-ci : éphémères, spontanés et tout simplement humains.
Pendant une trentaine de minutes, le temps semblait tout simplement s’être arrêté sur les quais de la Garonne. Merci à daoud et ses musiciens pour cette parenthèse si agréable !
Big up à Mina et Valentin pour l’invitation.
Crédit photos : @vavacaz



