Sous la direction de Jonathan Anderson, LOEWE a brillé si intensément qu’il en devenait parfois difficile de distinguer tous les éclats. Le créateur a tout osé : sacs conceptuels sculptés comme des œuvres d’art, réinvention de la dad shoe en objet de désir, silhouettes hybrides entre mode, design et surréalisme. Et, contre toute attente, tout fonctionnait.
Pourtant, au milieu de cette inventivité spectaculaire, une dimension essentielle de l’ère Anderson est restée trop souvent ignorée : LOEWE signait certains des meilleurs pantalons du luxe contemporain. Des pièces magistrales, intelligentes, discrètes mais rarement célébrées à leur juste valeur.
La collection Pre-Spring/Summer 2026, dernière avant l’arrivée des nouveaux directeurs artistiques Lazaro Hernandezet Jack McCollough, vient en apporter la démonstration éclatante.
Une collection de transition, mais empreinte de l’ADN Anderson
La collection, conçue par l’équipe de design interne durant la transition entre le départ d’Anderson et l’arrivée du nouveau duo créatif, porte clairement les marques de son influence.
On y retrouve un équilibre rare entre théâtralité runway et maîtrise technique un rappel que l’esthétique Anderson ne se limite pas aux silhouettes extravagantes sculptées dans l’argile.
Les pantalons LOEWE, ou l’art de sublimer l’ordinaire
Dans cette Pre-SS26, on retrouve tout ce qui faisait la force du pantalon LOEWE version Anderson :
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Cargo pants revisités, amples mais précis, dotés de poches “baker” et de pinces qui sculptent subtilement la jambe ;
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Pantalons généreux enrichis de profondes box pleats encadrant une micro-poche, ou se transformant en un patch d’Aran knit sur un modèle en velours côtelé ;
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Pantalons en cuir déclinés en version brillante ou mate ;
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Denim ample, parfaitement lavé, exécuté comme il se doit.
Et pourtant, même ces pièces-là ne représentent pas le sommet absolu du “pantalon LOEWE”. Les précédentes saisons ont vu naître des modèles presque mythiques :
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les slacks drapés façon harem du printemps/été 2025,
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les jeans taille haute produits chaque saison, parfois volontairement démesurés,
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ou encore un pantalon relaxed low-rise, porté haut, bas ou entre les deux un chef-d’œuvre de polyvalence.
Pourquoi ces pantalons comptent vraiment
Le génie du pantalon LOEWE sous Anderson tient à sa capacité à transformer l’ordinaire en extraordinaire.
Il y a toujours un twist, un détail inattendu, une construction subtile.
Mais jamais au détriment du port.
Ces pantalons ne sont pas seulement beaux : ils sont désirables, portables, intelligents.
Et s’ils n’ont pas toujours fait la une, c’est peut-être parce qu’ils partageaient la scène avec :
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des manteaux spectaculaires,
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des sneakers visionnaires,
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ou des collaborations cultes avec Studio Ghibli.
Mais c’est justement ce qui fait la magie d’un grand pantalon : quand le reste s’estompe, on revient toujours à lui.



